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19 mai 2008

Bafétimbi Gomis : Domenech a voté vert

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Bon, pour être franc, le foot m'a passionné quand j'étais petit, il m'amuse encore de temps en temps (avec deux garçons qui ne pensent presque qu'à cela je suis bien obligé) mais je ne peux m'empêcher de reprendre cette photo de Thierry Zoccolan de l'AFP où l'on voit ce jeune prodige que serait Bafétimbi Gomis pré-sélectionné par Raymond Domenech.

Et oui, avec son maillot vert de l'AS Saint-Etienne et son allure aussi décidée qu'échevelée, je repense à Rocheteau and co et cette belle époque où le foot avait un goût d'herbe (je parle de pelouse pour le reste je ne sais pas !) et de buts carrés (Cf finale contre le Bayern). Alors oui, j'aimerais bien qu'il marque des buts Bafétimbi Gomis... mais en gardant son maillot vert. Je sais c'est bêta, mais je n'y peux rien...
 

18 mai 2008

Un handicapé médaille d'or au JO : oui, c'est possible

Pistorius_reuters
Oscar Pistorius, vous connaissez ? Il s’agit de cet athlète handicapé, amputé des deux jambes pour être exact. Selon une décision du Tribunal Arbitral du Sport (TAS) ce jeune homme sud-africain pourra - sous réserve qu’il entre dans les temps de qualification – participer aux prochains Jeux Olympiques de Pékin dans la catégorie 400m. A lire ici chez Libé.

Que faut-il en penser ? Quand certains se félicitent de voir ainsi reconnu un handicapé à l’égal des valides, d’autres pointent au contraire une inégalité fondamentale entre cet athlète équipé de prothèses performantes et ses concurrents seulement dopés traditionnels.

Au bout du compte, j’ai le sentiment que cette question se résume au statut qu’il faut accorder aux prothèses.  Doit-on les considérer comme une partie intégrante du corps, ou au contraire comme un élément irrémédiablement exogène à l’individu ?

J’imagine qu’il doit exister des textes de loi sur le sujet ou à défaut une jurisprudence, mais j’ai spontanément tendance à penser que les prothèses, quelles qu’elles soient, font partie intégrante du corps handicapé car elles sont constitutives de son quotidien, de son histoire et finalement de son identité. En clair, pour moi, la prothèse s’assimilerait davantage à un greffon qu’à un outil. Dès lors, comment pourrait-on empêcher un handicapé de concourir à une course olympique même s’il s’avère que ses prothèses lui donnent un avantage substantiel sur ses adversaires ?

En dehors de toute considération morale et éthique sur l’égalité des chances et la nécessaire lutte contre les discriminations, je ne vois pas en quoi l’on pourrait refermer les portes du stade devant un athlète handicapé en séparant « intellectuellement » sa prothèse de son corps ; alors même que celle-ci est non seulement intégrée physiquement mais aussi psychologiquement dans la vie de la personne. Il y a là un contresens. Les mollets en fibre de carbone d’Oscar Pistorius font partie de lui-même.

Evidemment une autre question surgit si l'on considère la participation de Pistorius : sera-t-il médaille d’or ?

On n’en est pas encore là car l’athlète sud-africain se trouve encore loin des meilleurs. Mais si ce n'est lui, dans combien de temps pourrait-on assister au triomphe d'un handicapé ?

Doit-on même imaginer un jour la suprématie de sportifs handicapés sur la base de prothèses décuplant leurs performances ? On peut imaginer quantité de scenarii. Par exemple, si l'on s'aventure dans un registre plus glauque, verrait-on émerger une filière d’athlètes handicapés provenant de pays pauvres, amputés volontaires des deux jambes afin de pouvoir chausser de fameuses prothèses aux semelles de vent *?

C’est du sport-fiction bien sûr. Mais de fait, on n’a sans doute pas fini de réfléchir au rapport entre sport et handicap, et plus largement entre corps et performance, à l’heure des manipulations génétiques, des puces implantées et autres manipulations - bien fondées ou non - sur le vivant.

Plus j’y pense et plus je me dis que le sport pourrait évoluer sous la forme de confrontations de « genres » entre humains (tout de même) aux histoires très différentes.

Ainsi quel "genre" d’humain gagnera le 100m en 2030 ?

* il faut savoir que les athlètes handicapés voient le plus souvent leurs performances limitées par une asymétrie entre un membre amputé et l’autre normal. Ce n’est pas le cas de Pistorius avec ses deux membres équipés de prothèses d'où ses bons chronos.

Photo Reuters

09 mai 2008

Questionnaire beauté, parce que je veux bien

Sur injonction amicale de Romy, je passe donc le questionnaire à Joyce !

C'est toujours rigolo les questionnaires... surtout quand ils sont décalés. Alors, voilà puisque Romy me glisse dans ses liens, je rebondis...

MON FOND DE TEINT PRÉFÉRÉ : Lancôme, COLOR IDEAL Perfecteur Effet Peau SPF 1 "Quadra" (pour quadragénaire)
MON MASCARA : Dior Backstage Make-up EXTRA-ALLONGEANT RECOURBANT "Spécial charrette" (pour les longues journées de travail)
MA CRÈME DE JOUR : Clarins, crème douceur "jour le plus long" (idéal pour les grosses journées)
UNE MARQUE DE PRODUIT : Fisher price, parce que je le vaux bien.
MA MARQUE FÉTICHE DE MAQUILLAGE : la même que celle d'Arlette Laguillier
UN PRODUIT MUST : Cartier bien sûr
MON PARFUM : " Tunnel de Fourvières" by Michelin
MON MAGAZINE FÉTICHE : Popi
TU PARS SUR UNE ÎLE DÉSERTE ET TU EMPORTES QUOI ? (3 PRODUITS MAX, SANS PROTECTION SOLAIRE NI RASOIR ?) : Un tube de dentifrice Elmex, un déodorant, du savon ; au cas où un bateau viendrait à me sortir de là, je ne tiens pas à ce que mes senteurs robinso-crusoéliennes le fasse fuir.
LA FEMME QUE TU ADMIRES POUR SA BEAUTÉ : Michel Colluci le jour de son mariage avec Thierry le Luron 
LA FEMME DONT TU ENVIES LE LOOK : allez, sérieusement : Roseline Bachelot
JE ME DAMNERAIS POUR : une crème de marron
QUE SIGNIFIE POUR TOI LA FÉMINITÉ : essayer de faire moins mâle
UN DERNIER MOT : j'ai du boulot et ça fait dix minutes que je perds mon temps ! 
MON ADRESSE FASHION/BEAUTÉ PRÉFÉRÉE : la source de la Loire près du Puy-en-Velay ou aussi Vezelay. Adresses beauté, mais pas fashion.

08 mai 2008

Quelques lignes... lumineuses.

" Chez Platon, la philosophie est possible parce qu'il y a les mathématiques, vestibule obligé de la dialectique. La philosophie est (aussi) possible parce qu'il y a de la poésie, notamment perceptible dans sa prose. Elle requiert l'amour, comme l'illustre Le Banquet, où le transfert amoureux est fondamental pour la dynamique de la pensée. Quant à la politique, indéniablement elle est constitutive de sa vie et de sa pensée .../... Ajoutons que, d'un point de vue personnel, ces quatre conditions de la philosophie sont ce qui me semble donner un intérêt à l'existence humaine, la doter de quelque chose qui outrepasse son régime de survie (travail, socialité, loisirs, etc.). Il y a bien sûr, une animalité heureuse qui est une composante indispensable de l'existence, mais si on cherche ce qui la tend au-delà d'elle-même, on est toujours renvoyé à ce quatuor-là, qui recoupe l'expérience intime de chacun. De ce point de vue, la philosophie est un point de jonction entre l'expansion conceptuelle la plus sophistiquée et l'expérience intime la plus intense."

Alain Badiou - Interview dans Philosophie Magazine, Avril 2008.

Les caméras de surveillance tournent pour un clip. C'est bien fait.

The_get_out_clause
C’est LA bonne idée du moment découvert via ze journal. The Get Out Clause, groupe anglais désargenté a eu l’idée de tourner un clip en se faisant filmer par des caméras de vidéos de surveillance – omniprésentes en Grande-Bretagne et à Londres en particulier – puis, comme la loi le leur permet, de réclamer les bandes aux opérateurs...

Résultat : un clip qui dépasse le simple geste musical ; un objet emblématique de notre époque. Oui, vraiment bonne idée.

A voir ici, le reportage de Skynews  et surtout le clip ici, sur YouTube (ça m'énerve je n'arrive toujours pas à coller une vidéo de chez eux sur mon blog, c'est d'un compliqué...)

Le site du groupe est , ils ont leur page MySpace.

02 mai 2008

Soyez fashion, devenez fasciste, jouez à GTA IV

Très honnêtement, très franchement, et pour le dire vulgairement ; ça me fait chier et bien chier de vivre dans un monde où le plus bien culturel le plus vendu au monde sera vraisemblablement GTA IV. A en croire, tout au moins, les cyniques imbéciles de Libé (j’y reviendrai en fin de billet).

Au début des années soixante, je crois, Elia Kazan expliquait qu’il se lassait de faire du cinéma devant l’évolution artistique d’Hollywood : « je n’ai pas envie de faire du cinéma pour adolescent » disait-il en substance en observant ses pairs. L’émergence spectaculaire d’un Spielberg quelques années plus tard lui donnait raison.

Aujourd’hui le jeux vidéo domine l’économie du loisir qui elle-même a presque exclusivement détourné le cinéma vers un rôle de détente pluri-hebdomadaire (cliquez sur bouton « comédie ») ou d’excitation (cliquez sur rubrique « thriller », etc.).

Avec GTA IV, le basculement vers le jeu semble irrémédiable. Il y a 25 ans, on se traînait Rambo en guise de produit commercial estampillé "violence" avec de jeunes spectateurs mâles qui sortaient des salles en roulant des épaules avec un regard farouche. Nous voici avec un jeu vidéo faisant du consommateur un acteur. Je passe sur les actions du type exécution d’individus, violences sur tel ou tel personnage - actions relevant dans la vie réelle des assises - pour en conclure une seule chose : ce jeu, comme tout support permettant l’expression d’une violence ludique  relève d’un fascisme rampant, d’une fascisation des esprits. Il est tout à fait normal, voire structurant, d'écraser des fourmis quand on est petit, c'est un acte d'hyper-puissance, "fascisant" diront les spécialistes. Mais c'est un acte socialement réprimé : "c'est mal". Tout dérape avec la consommation du produit culturel violent encouragée par voie d'affichage : on est dans l'espace public.
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GTA IV dit en quelque sorte : « cette société vous empêche de respirer, lâchez-vous sur GTA IV ». Que croyez-vous que disait Hitler en 1923 lors de sa tentatives de putch à ses séides ? Puis en 1933 au peuple allemand lors de la campagne électorale qui l’a amené au pouvoir ? « Cette Europe, ces juifs, ces communistes, ces dégénérés (ça c’est pour les artistes) vous empêchent de respirer ? Lâchez-vous, adhérez au NSDAP, enfilez les bottes et en avant ! ».

Je devine d’ici les objections : je force le trait, j’exagère, je dramatise, etc.

S’il est vrai que les processus ne sont en rien comparables, s’il est vrai que les concepteurs du jeu déploient des trésors d'arguments pour se faire passer pour des rebelles de gauche dans Libé, vous feriez erreur en considérant que le fascisme se réduit à un parti politique nazi ou mussolinien, alors qu’il est un état d’esprit - une pente de l’esprit dirait-on plutôt - où l’individu trouve à exprimer de façon unilatérale et violente sa vision du monde. Le fascisme n'a pas nécessairement besoin d'un chef pour coloniser les mentalités, mais celles-ci, affaiblies, amoindries dans leur capacités critiques, sujettes à écouter et exprimer leurs pulsions, sont ensuite plus enclines à suivre des options dictées par d’autres le moment venu.

On me rétorquera toujours que le joueur de GTA IV ne fait que "s’amuser", qu’au contraire, s’il se lâche ainsi sur son écran, il n’éprouve pas le besoin de taper sur les gens dans la rue. Il existe même une étude expliquant doctement qu’un jeu agressif aurait finalement un effet inhibiteur sur cette violence alors qu’à l’inverse, un adolescent ne jouant pas, pourrait se révéler dangereux. Comparaison est même faite (tout cela est dans Libé !) avec un jeune mass-murder américain qui contrairement aux autres élèves de son collège ne jouait pas à ces jeux. Un seul conseil donc... si vous arrivez dans un lieu sans jeu vidéo violent, soyez sur vos gardes, fuyez tous les adolescents pacifiques qui de fait, deviennent suspects.

Cet encart débile peut donc se lire dans Libé... Libération dont vous avez peut-être vu qu’il avait fait sa une de la sortie de GTA IV. Il faut bien vivre : les jeunes adultes gamers sont manifestement un coeur de cible pour le journal.

Mais je ne lasse pas d’être surpris - et pour tout dire écoeuré - de voir ce que devient ce quotidien. Qu’on partage ou non sa ligne politique, Libé est un journal qui, dans ses gênes, porte le combat contre le fascisme et toute forme de fascisation des esprits. C’est tout de même le journal de Sartre, celui où Foucault et Deleuze s’exprimaient ! Quelqu’un comme Serge Daney, fameux penseur et critique de cinéma, ne pourrait plus écrire une ligne dans ces colonnes en cautionnant une telle couverture sur GTA IV. En tout cas, je n’ose pas l’imaginer. Oui, tout cela m’écoeure.

Allez, je retourne à mon silence, le bruit des consoles devient assourdissant. C’est la guerre.

24 avril 2008

Goûtez-moi ce miel…

Un petit mot rapide pour encourager François Ribaute, jeune apiculteur biologique sans le sou qui propose à ses clients de devenir « actionnaires » de sa ferme dans les Cévennes.

Le principe est expliqué sur Terra Economica (sur abonnement), il s’agit de « participer à la création d’une exploitation agricole en finançant l’achat d’une ruche. Après signature d’un contrat de partenariat et contre 150 €, soit le prix d’une ruche et de ses abeilles, les clients recevront 5 kg de miel par an, pendant 5 ans. En outre, à 6 € le kg de miel biologique (contre 7 € en moyenne pour du miel non biologique), François propose à ces clients un prix bien inférieur à celui pratiqué sur les marchés. Le tarif comprend bien sûr le conditionnement et la livraison. Le caractère bio du produit est, lui, garanti par l’emplacement de son exploitation, dénuée de toutes cultures OGM et de pesticides (ennemi numéro 1 des abeilles) sur tout l’espace de butinage des abeilles. »

D’autres infos ici aussi et sur le site Reporters d’Espoirs (sur abonnement)

Ca vous tente ? Contactez François Ribaute à son adresse postale : Brasque - 48160 Saint-Martin-de-Boubaux
Ou +33 6 62 45 08 86

Allez, une petite image des Cévennes pour se rafraîchir (trouvé ici):
Galeriemembrefrancecevennesletarn

22 avril 2008

La 2cv a soixante ans et mes souvenirs ont vingt ans.

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Je dois vous confesser une de ces petites choses non sans importance dans ma vie d’automobiliste : j’ai appris à conduire sur trois des voitures les plus mythiques du XXème siècle.

J’ai fait mes premiers tours de roue « pour de vrai » au volant d’une 2cv, d’une 4L et d’une Coccinelle. Pour tout dire, c’était les voitures de mes sœurs et elles m’entraînaient les dimanches (comme des milliers d’autres petits frères sans doute au tournant de l’adolescence) vers des parkings déserts pour tâter de l’embrayage et de l’accélérateur. Que de souvenirs ! la Coccinelle était rouge (bien sûr), la 2cv était crème (évidemment) et la 4L ? Jaune canari…

Mais parlons de la 2cv puisque c’est son anniversaire. Celle de ma sœur se caractérisait par une vieille banquette très enfoncée à la place du conducteur et que comblait, fort ingénieusement un ravissant coussin en tricot multicolore. Au fil des années, tandis que la banquette se délitait encore, on rajoutait un nouveau coussin qui permettait, à nouveau, de voir la route.

Puis, je démarrais. Certains se souviendront sans doute du son, unique, du moteur ; lointainement, une sorte de roucoulement de pigeon survitaminé qui saluait l’automobiliste au moment d’accélérer. Quelques petits coups d’accélérateur successifs et c’était une sorte d’invitation au voyage ; le moteur tout entier emplissait l’habitacle et semblait murmurer quelque chose comme « rrroulons ensemble camarrrade ». En un mot, la 2cv avait une voix de gorge. 

Mais ces sensations, bien sûr, se méritaient. Il fallait en passer par l'apprentissage, autant dire le rite initiatique que tout novice a connu ; ce moment où, accélérant pour la première fois, celui-ci sent bondir la machine qui se livre dans le même souffle à une série de hauts-le-corps proches du rodéo. De fait, le conducteur était soudain secoué tel un cow-boy confronté à la splendeur sauvage d'un pur sang. Il y avait tout de même deux chevaux à dompter !

Bien plus tard, après les premières leçons dispensées par mes sœurs et quelques beaux lacets pétris d’assurance sur les longs parkings du dimanche, je postulais fièrement au permis de conduire officiel, nettement plus terne, il faut bien le dire. Celui-ci  se résumait à un papier rose obtenu sur une Renault 5, l’un de ces engins sans saveur que n’ont pas cessé depuis, de cracher des usines automobiles dépressives.

Heureusement, la 2cv de ma sœur m’attendait, toujours vaillante, à la maison et se trouvait un nouveau cavalier en ma modeste personne estampillée « 90 » - on dirait « A » aujourd’hui.

Certains jours, nous nous accordions tous les deux quelque escapade en centre-ville. Trop heureux de frayer sur les boulevards, je remontais la vitre d’un claquement de main comme un corsaire rajuste son bandeau et le radio-cassette me repassait une bande magnétique usée jusqu’à la trame signée des Doors, de Stan Getz ou de Lavilliers. Je naviguais dans les rues pavées de la vieille ville, goûtant le tambourinement quasi tribal des pneus contre les pavés tandis que ma cendre de cigarette ne frémissait pas d’un atome : nulle autre voiture n'offrait de telles suspensions !

Bref, au volant de cette 2cv, je brinquebalais mes errements de vingt ans dans les virages de la vieille ville, comme on tire des bords au large de son existence. Le bonheur.

C’était, vous l’aurez compris, une 2 cv des villes, estudiantine et bouquineuse, comme il existait des 2cv des champs, paysannes et crotteuses. Et c’est justement, ce que je regrette le plus dans toute cette affaire : n’avoir pas vraiment vécu ce que ce commentateur écrit sur Le Monde.fr suite à l’article célébrant les 60 ans de la belle : « je vous recommande le plaisir de rouler dans les petites routes de La Creuse, à 40 km/h... Je vous laisse 100 grosses berlines, sans soucis !! »

Ph. Gilles B. sur forum auto.

18 avril 2008

Davantage qu'aimer Césaire, il faut le lire

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"Il vaut en effet d’opposer, chaque fois, à la pensée lisse et insidieuse du colonisateur une véritable conception du monde, qui le laisse tout étonné. Car la croyance de ce colonisateur est toujours qu’il est le seul à pouvoir penser le monde. Il accepte de vous toutes sortes de qualités, sauf celle-là. Il ne voit même pas que la pensée de l’ancien colonisé lui sert à se libérer de nombre d’entraves intellectuelles".

Aimé Césaire – « Nègre je suis, nègre je resterai »
Entretiens avec Françoise Vergès. Edition Albin Michel
Extrait du billet d’Hubert Artus sur Rue89

Pensée du jour en deux mots : le colonialisme ne doit pas seulement se rattacher à une période historique. Au delà de la lutte des Antillais (salut Toussaint Louverture) des Africains et de tous les peuples colonisés, ce qu'il convient ici à mon sens de retenir à travers les mots de Césaire, c'est aussi un "esprit colonisateur", une posture intellectuelle dominatrice : tout ce qui tend à réduire, amenuiser autrui au profit de soi ; tout ce qui tend à nier l'altérité, la diversité ; tout ce qui tend à interdire le dialogue, à confisquer la parole ; tout ce qui tend à uniformiser la pensée, à normer les choses selon un modèle impérieux, impérial, venant d'en haut, du puissant, du fort. Ces mots de Césaire disent, en creux, qu'il faut disputer à l'homme dominateur le pouvoir de penser le monde, le foyer. C'est une parole féminine.

Edit : « (…) la colonisation forme un tout, l’accaparement territorial n’en étant qu’une partie. On peut coloniser un pays, une famille, une amitié, un enfant, un amour, une musique (le jazz...), et même sa propre grandeur historique (F. Furet...) (…) la colonisation est aussi un processus philosophique, une pratique conceptuelle, une action intellectuelle. »
Gilles d’Elia sur Relectures.org


17 avril 2008

"Passer à l'intérieur ou disparaître..."

"En y regardant de plus près, 2030 ressemble fortement à un chas d'aiguille
face à quoi notre espèce a le choix suivant : passer à l'intérieur ou disparaître."

Chas_aiguille_2

Bravo à l'auteur de ce blog ("Gilles-Sun Tzu") pour la pertinence de l'image. Le billet est ici. Titre : " Que font les autruches ? Le krach écologique aura lieu en 2030 "

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